L’utilisation de la derle par les céramistes belges (1950-1980)

Francine Jernander, Couple de baigneurs, terre d’Andenne, c.1970, inv. MCA 5928.

En 2014, le musée de la céramique d’Andenne acquiert plusieurs œuvres d’Antonio Lampecco. Cette acquisition fait suite au constat qu’au début de sa carrière, l’artiste utilisait de la terre d’Andenne. Suite à cette constatation, Cédric Piechowski, conservateur et directeur du Musée de la céramique d’Andenne, soulève la question suivante : «D’autres artistes contemporains auraient-ils utilisé de la derle ? Si oui où se la procuraient-ils ?».L’hypothèse est intéressante dans le sens où l’industrie andennaise et en particulier les entreprises céramiques sont en déclin dans la chronologie étudiée. Dès lors, dans quelle mesure ce commerce de derle est-il important, quel lien existe-t-il entre les différents artistes travaillant cette argile ? Cette problématique est novatrice dans le sens où c’est la première fois que le Musée de la céramique d’Andenne propose une étude à partir de ce point de vue.

« L’utilisation de la derle par les céramistes belges (1950-1980). Compte-rendu de recherche », Amélie Ponchelet et Cédric Piechowski, paru dans « La derle – Li dièle. L’habile argile du Condroz. Vingt siècle de céramiques en terres d’Andenne. », Cédric Piechowski (Coord.), Dossier de l’IPW, n°22, Namur, 2017, pp.247-257. Introduction / Sommaire / Fiche technique / Dossier de presse / Lire l’article

L’industrie de la derle, en (r)évolution

Rafraîchissoir, Joseph Wouters (I), Andenne, c.1783-1794, inv. MCA 5026

Andenne dispose de richesses géologiques propices à l’installation d’industries. Le plomb et le zinc sont exploités au moins depuis le 13ème siècle, le fer depuis le 15ème siècle, l’argile, le charbon et le calcaire depuis le 16ème siècle. Il faut cependant attendre 1757 (Petter Meniecken), avec l’arrivée de pipiers rhénans, pour voir naître une production de pipes en terre à Andenelle et, ainsi, les premières entreprises faïencières.

L’urbanisation et l’industrialisation progressive de la Ville, ainsi que ce nouvel intérêt pour la faïence fine, permirent de renforcer, au XVIIIe siècle, les activités extractives pour la houille, la pierre et la terre plastique, en bord de Meuse et en Condroz, et de multiplier par 15 l’exportation des terres plastiques vers la Hollande entre 1700 et 1780. Il s’opère alors un véritable séisme industriel, grâce notamment à Joseph Wouters, dont la famille et ses associés détenaient depuis 1770 le monopole sur le transport et le commerce de la derle.

« L’industrie de la derle, en (r)évolution », Cédric Piechowski, paru dans « La derle – Li dièle. L’habile argile du Condroz. Vingt siècles de céramiques en terres d’Andenne. », Cédric Piechowski (Coord.), Dossier de l’IPW, n°22, Namur, 2017, pp.223-233. Introduction / Sommaire / Fiche technique / Dossier de presse / Lire l’article

« Têtes de pipes ! »

Expo « Têtes de pipes ! ». Figures célèbres et populaires du XIXe siècle« , 3 mars > 25 juin 2017 @ Musée de la céramique d’Andenne

Le XIXe siècle est l’âge d’or de la pipe en terre tant en France qu’en Belgique. Dans la deuxième moitié de ce siècle béni pour les amateurs de tabac, la production des pipiers d’Andenne ou de Givet (les deux plus importants centres de fabrication de la vallée mosane) atteint des sommets : elle est estimée en millions par décennie.

Au sein de cette masse énorme composée pour l’essentiel de pipes ordinaires, de faible valeur, émergent des objets plus élaborés, de belle facture (finement décorés et émaillés) : des pipes à l’effigie de personnages célèbres ou populaires de l’époque. En abordant, à travers cette galerie de portraits, des sujets aussi vastes que l’histoire, la mythologie, le théâtre, la littérature (représentée également dans l’exposition, par la présence de trois des plus célèbres fumeurs de pipes en terre de la poésie : Rimbaud, Verlaine et Apollinaire), sans négliger l’actualité ou la vie quotidienne, ces « têtes de pipes » vont connaître un succès considérable auprès d’un large public, séduit par un objet aussi plaisant à fumer qu’agréable à regarder.

Considérées aujourd’hui comme de véritables objets d’art populaire, ces pipes à effigie nous restituent, à leur façon à la fois drôle et instructive, l’esprit, les mœurs et les goûts d’un siècle marqué par la révolution industrielle et la libéralisation du mode de vie.

Exposition organisée par les Amis de l’Ardenne, en association avec le Musée de la céramique d’Andenne et le concours de la Médiathèque Voyelles et du Musée de l’Ardenne de Charleville-Mézières, de la Bibliothèque Littéraire Jacques Doucet de Paris.

Les porcelaines de Camille Renard-Steinbach sortent de leur réserve!

Expo « Les porcelaines de Camille Renard-Steinbach sortent de leur réserve!« , 11 décembre 2015 > 14 février 2016 @ Musée de la céramique d’Andenne

Le Musée de la céramique d’Andenne entreprend une relecture de ses collections sur une base thématique. Les porcelaines de Camille Renard-Steinbach (1859-1863) ont été choisies cette année, ce qui se traduit par un état des lieux des inventaires et des connaissances acquises à ce jour. On pourrait croire la tâche aisée… Nous sommes pourtant allés de surprises en surprises, avec quelques petites trouvailles.

Au regard des informations dont nous disposons, faut-il désormais considérer ces porcelaines comme issues d’un atelier de décoration –l’essentiel des ouvriers pourraient être des peintres- et/ou d’une fabrication andennaise –comme le laissent à penser les vestiges archéologiques d’une cuisson ratée, retrouvés il y a une quarantaine d’années sur le site de l’atelier ?

L’exposition, centrée sur les collections du Musée, vous fera voyager dans le monde industriel, bourgeois et européen de l’homme cultivé et passionné qu’était Camille Renard.

Un catalogue est à paraître… à suivre !

Carrés d’Art

Expo « Carrés d’art. Les carrelages décoratifs belges de la Belle Époque et de l’Entre-deux-guerres« , 20 septembre 2013 > 9 mars 2014

affiche expo Carrés d'Art

Depuis 1840, la révolution industrielle a provoqué des changements significatifs dans la production des carreaux. Les techniques nouvelles et les machines modernes ont en effet considérablement réduit le travail manuel. Le savoir-faire manufacturier, indispensable par le passé, a dû faire place au savoir-faire scientifique. Très vite ce fut un grand succès. La beauté esthétique de ces carreaux, leur bon rapport qualité-prix grâce à la standardisation, leur solidité et leur entretien facile ont remporté un vif succès commercial ainsi que l’adhésion et l’intérêt de la clientèle de la Belle Epoque et de l’Entre-deux-guerres tant en Wallonie, qu’en Flandre et à Bruxelles.

L’exposition vous propose de découvrir l’évolution esthétique des carrelages Art nouveau et Art déco, dans tous leurs états ! Verre, tôle, ciment, … et surtout céramique ! Muraux, de sol, de poêle ou de plafond, d’intérieur ou d’extérieur … Qui les fabrique et comment ? Pourquoi ces matières, décors et couleurs ? Toutes ces questions sont abordées, révélant ainsi au regard des visiteurs, petits et grands, la richesse des formes, des décors et des techniques de ces surprenants « Carrés d’Art ».

Animations scolaires en collaboration avec le Centre culturel d’Andenne

L’exposition est accompagnée d’un catalogue « Splendeurs domestiques » 336 pages et 450 illustrations, réalisé par Mario Baeck, commissaire de l’exposition, et édité dans les dossiers de l’Institut du Patrimoine Wallon. Disponible au prix de 30 eur.

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La porcelaine électrique, de l’utilitaire au Design

DSCN8415bisLa porcelaine électrique, de l’utilitaire au Design.
Cédric Piechowski, Historien de l’Art / Céramologue, cedric_piechowski@yahoo.fr

« La céramique : un microcosme de changement culturel. L’histoire de la céramique est le fruit d’interactions entre la créativité artistique individuelle, les nouvelles technologies et les styles de vie en évolution. La céramique illustre également les tendances stylistiques internationales dans le monde de l’art et en représente les adaptations locales ». C’est ainsi que commence le chapitre dédié aux céramiques dans une publication de l’Union Européenne consacrée aux meilleures pratiques de 2009, une année placée sous le signe de la créativité et de l’innovation. Il a fallu des siècles d’expérimentations pour maîtriser l’argile, une terre imprégnée d’eau, séchée à l’air et cuite au feu. Quoi de plus simple et banal ? Et pourtant les artisans utilisaient leur seul savoir-faire transmis de génération en génération pour éviter les pièges de la matière avant l’utilisation des instruments de mesure. En partant des mots qui composent l’expression « porcelaine électrique » nous voulons remonter le temps et montrer que les morceaux de terre blanche qui ont isolé nos intérieurs électrifiés ont leur propre histoire, une histoire singulière. Elle se passe dans l’ombre d’une autre grande histoire, celle de l’électricité. Ainsi, après avoir raconté  la rencontre et le mariage de ces termes, nous situerons le cadre social et économique de leur vie commune, jusqu’à la perte de leur discret monopole. L’histoire commence en Belgique, vers 1860 et se termine dans les années 1970. Nous localisons et nous expliquons les débuts de la production belge d’isolateurs électrotechniques, pour ensuite identifier les entreprises porcelainières. A partir de 1890, nous proposons un focus général de leur commerce à Bruxelles, une foisonnante capitale soumise à la concurrence étrangère. Enfin, nous abordons rapidement l’histoire des autres manufactures spécialisées afin de souligner les bouleversements de ce secteur d’activité et l’importance que prend l’industrie de la porcelaine électrotechnique wallonne des années 1930 aux années 1950 et 1970. Il ne s’agit pas là de la fin de l’histoire car ces porcelaines électriques reviennent au goût du jour pour leur aspect non plus technique mais décoratif ! Publié dans Art&fact, n°30, 2011, pp.115-125. Lire Art&fact 30/2011 / Table des matières / Colophon-Edito / Site web

Quantités Industrielles

Quantités industrielles.

Comment gérer les collections d’un musée de l’industrie ?
Aujourd’hui, le monde des musées s’accorde généralement pour estimer que, si l’on considère les trois fonctions muséales (préserver, étudier, communiquer), cela implique en bonne logique que le musée ne peut collecter que ce qu’il sera en mesure de conserver, de cataloguer, d’étudier et de communiquer au public. […] Or, le sauvetage n’a rien de commun avec une politique scientifique de collecte. Bien souvent, il est conditionné par l’actualité de telle ou telle fermeture d’usine ou par les délais rapprochés de réaffectation des lieux […] Quand il s’agit de sélectionner, d’inventorier et de restituer des objets industriels dans une collection de musée … Objets de collection ? ; Critères de sélection ; Conservation et restauration ; Pertinence ; Inventaire ..
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Article à lire dans « L’invitation au Musée, n°25, Bruxelles, 2011, pp.13-18. Lire l’article.