L’utilisation de la derle par les céramistes belges (1950-1980)

Francine Jernander, Couple de baigneurs, terre d’Andenne, c.1970, inv. MCA 5928.

En 2014, le musée de la céramique d’Andenne acquiert plusieurs œuvres d’Antonio Lampecco. Cette acquisition fait suite au constat qu’au début de sa carrière, l’artiste utilisait de la terre d’Andenne. Suite à cette constatation, Cédric Piechowski, conservateur et directeur du Musée de la céramique d’Andenne, soulève la question suivante : «D’autres artistes contemporains auraient-ils utilisé de la derle ? Si oui où se la procuraient-ils ?».L’hypothèse est intéressante dans le sens où l’industrie andennaise et en particulier les entreprises céramiques sont en déclin dans la chronologie étudiée. Dès lors, dans quelle mesure ce commerce de derle est-il important, quel lien existe-t-il entre les différents artistes travaillant cette argile ? Cette problématique est novatrice dans le sens où c’est la première fois que le Musée de la céramique d’Andenne propose une étude à partir de ce point de vue.

« L’utilisation de la derle par les céramistes belges (1950-1980). Compte-rendu de recherche », Amélie Ponchelet et Cédric Piechowski, paru dans « La derle – Li dièle. L’habile argile du Condroz. Vingt siècle de céramiques en terres d’Andenne. », Cédric Piechowski (Coord.), Dossier de l’IPW, n°22, Namur, 2017, pp.247-257. Introduction / Sommaire / Fiche technique / Dossier de presse / Lire l’article

Antonio Lampecco : l’éclat andennais

Antonio Lampecco, sculpture en terre rouge d’Andenne, 1965. Pièce tournée et cuite au four électrique entre 1160° et 1120°. Email à base de feldspath-cobalt-zinc. H.43 cm / D.22 cm. Inv. MCA 05857 / APC.27289/4 © Michael Francken

Le Musée de la céramique d’Andenne s’est vu confier par la Fédération Wallonie-Bruxelles le dépôt de 16 œuvres d’Antonio Lampecco en 2015. Par un heureux hasard amical et des rencontres fortuites, nous avions pris connaissance l’année précédente de l’emploi de derle andennaise par l’artiste au début de sa carrière. Cette acquisition enrichit donc à la fois nos collections mais plus encore la connaissance que nous avons de l’utilisation non industrielle de cette argile après la Seconde guerre mondiale.

« Antonio Lampecco : l’éclat andennais », Cédric Piechowski, paru dans « La derle – Li dièle. L’habile argile du Condroz. Vingt siècles de céramiques en terres d’Andenne. », Cédric Piechowski (Coord.), Dossier de l’IPW, n°22, Namur, 2017, pp.235-244. Introduction / Sommaire / Fiche technique / Dossier de presse / Lire l’article

L’industrie de la derle, en (r)évolution

Rafraîchissoir, Joseph Wouters (I), Andenne, c.1783-1794, inv. MCA 5026

Andenne dispose de richesses géologiques propices à l’installation d’industries. Le plomb et le zinc sont exploités au moins depuis le 13ème siècle, le fer depuis le 15ème siècle, l’argile, le charbon et le calcaire depuis le 16ème siècle. Il faut cependant attendre 1757 (Petter Meniecken), avec l’arrivée de pipiers rhénans, pour voir naître une production de pipes en terre à Andenelle et, ainsi, les premières entreprises faïencières.

L’urbanisation et l’industrialisation progressive de la Ville, ainsi que ce nouvel intérêt pour la faïence fine, permirent de renforcer, au XVIIIe siècle, les activités extractives pour la houille, la pierre et la terre plastique, en bord de Meuse et en Condroz, et de multiplier par 15 l’exportation des terres plastiques vers la Hollande entre 1700 et 1780. Il s’opère alors un véritable séisme industriel, grâce notamment à Joseph Wouters, dont la famille et ses associés détenaient depuis 1770 le monopole sur le transport et le commerce de la derle.

« L’industrie de la derle, en (r)évolution », Cédric Piechowski, paru dans « La derle – Li dièle. L’habile argile du Condroz. Vingt siècles de céramiques en terres d’Andenne. », Cédric Piechowski (Coord.), Dossier de l’IPW, n°22, Namur, 2017, pp.223-233. Introduction / Sommaire / Fiche technique / Dossier de presse / Lire l’article

Décloisonner les clichés tenaces

La céramique est une forme d‘expression artistique qui commence avec de la « belle » vaisselle et se termine dans les collections des musées les plus prestigieux. Le parcours ARTCERAMLIEGE veut relier tous ces regards portés sur la céramique en l’exposant en ville, dans les vitrines des commerçants qui en deviennent les ambassadeurs. Ainsi beaucoup de passants qui ne viennent pas dans les foires et marchés de potiers vont découvrir une nouvelle expression artistique, variée, colorée ou naturelle, figurative ou abstraite. Les artistes sont là pour nous étonner, nous interpeller, nous séduire !

ARTCERAMLIEGE est une nouvelle opportunité donnée aux artistes et/ou aux artisans d’exposer talents et savoir-faire céramique, toujours bien vivants en Europe. L’après 1945 n’a pourtant pas été tendre pour cette matière qui eut à subir la concurrence de matériaux modernes, composés de pétrole. Ce qui était en céramique devenait du plastique. Mais on y revient ! Economique, écologique, facile à mettre en œuvre à condition d’acquérir les savoirs techniques suffisants, multiformes et adaptées à tous les usages humains, etc. l’industrie de pointe se la réapproprie.

« Décloisonner les clichés tenaces », Cédric Piechowski, paru dans ArtCeram Liège, Premier parcours céramique, Philippe Mousnier (Coord.), Liège, 2016, pp.12-13. Lire l’article / Catalogue

L’évolution des références culturelles – Mexique [1500 a.C. – 2015]

Les objets archéologiques, issus des réserves des Musées royaux d’Art et d’Histoire de Belgique, vous ont montré la richesse des cultures précolombiennes et la pérennité de ses codes culturels entre 1500 avant J.-C. et 1521 après J.-C. L’arrivée des Espagnols a ensuite transformé les sociétés mésoaméricaines. Comme dans la plupart des cultures, c’est notamment à travers la céramique que ces changements nous sont encore visibles.

« L’évolution des références culturelles », Cédric Piechowski, paru dans « Mexique [1500 a.C. – 2015] », Cédric Piechowski (Dir.), Musée de la céramique, Andenne, 2015, pp.18-19. Introduction et sommaire / Lire l’article / Lire aussi « Paul Louis, Revue de la céramique et du verre, n°22-2015 (pp.60-61)« 

L’imaginaire céramique du modèle de l’homme « noir »

03. _DSC2968 ter

La céramique, ainsi que l’ensemble des Arts appliqués, portent indéniablement l’empreinte de notre histoire et c’est pourquoi le colonialisme y laisse une marque, une cicatrice pourrions-nous dire. Aujourd’hui, nous pouvons relire et traduire l’utilisation des modèles de “Noirs” en céramique sous un regard moderne. Par “noir”, il faut entendre non seulement l’expression d’une “race” telle que l’a construite l’idéologie à partir du 18ème siècle, mais plus largement un ensemble de symboles sociaux qui structure notre imaginaire humain. Avec les collections du Grand Curtius de Liège et du Musée de la céramique d’Andenne, nous allons lire et décomposer le sens d’objets que nous n’observons peut-être pas assez. Revoir le concept de race, le contexte de l’esclavagisme -du colonialisme en particulier-, l’imaginaire commun d’une couleur dont la naissance est ancienne, la fonction d’objets a priori “beaux” et anodins nous amènent à questionner le sens des productions humaines.

Publié dans « Liège Museum. Bulletin des musées de la Ville de Liège », février 2014, n°8, pp.4-11 / Lire l’article / Lire tout le bulletin sur le thème de la « Figure humaine »

La porcelaine électrique, de l’utilitaire au Design

DSCN8415bisLa porcelaine électrique, de l’utilitaire au Design.
Cédric Piechowski, Historien de l’Art / Céramologue, cedric_piechowski@yahoo.fr

« La céramique : un microcosme de changement culturel. L’histoire de la céramique est le fruit d’interactions entre la créativité artistique individuelle, les nouvelles technologies et les styles de vie en évolution. La céramique illustre également les tendances stylistiques internationales dans le monde de l’art et en représente les adaptations locales ». C’est ainsi que commence le chapitre dédié aux céramiques dans une publication de l’Union Européenne consacrée aux meilleures pratiques de 2009, une année placée sous le signe de la créativité et de l’innovation. Il a fallu des siècles d’expérimentations pour maîtriser l’argile, une terre imprégnée d’eau, séchée à l’air et cuite au feu. Quoi de plus simple et banal ? Et pourtant les artisans utilisaient leur seul savoir-faire transmis de génération en génération pour éviter les pièges de la matière avant l’utilisation des instruments de mesure. En partant des mots qui composent l’expression « porcelaine électrique » nous voulons remonter le temps et montrer que les morceaux de terre blanche qui ont isolé nos intérieurs électrifiés ont leur propre histoire, une histoire singulière. Elle se passe dans l’ombre d’une autre grande histoire, celle de l’électricité. Ainsi, après avoir raconté  la rencontre et le mariage de ces termes, nous situerons le cadre social et économique de leur vie commune, jusqu’à la perte de leur discret monopole. L’histoire commence en Belgique, vers 1860 et se termine dans les années 1970. Nous localisons et nous expliquons les débuts de la production belge d’isolateurs électrotechniques, pour ensuite identifier les entreprises porcelainières. A partir de 1890, nous proposons un focus général de leur commerce à Bruxelles, une foisonnante capitale soumise à la concurrence étrangère. Enfin, nous abordons rapidement l’histoire des autres manufactures spécialisées afin de souligner les bouleversements de ce secteur d’activité et l’importance que prend l’industrie de la porcelaine électrotechnique wallonne des années 1930 aux années 1950 et 1970. Il ne s’agit pas là de la fin de l’histoire car ces porcelaines électriques reviennent au goût du jour pour leur aspect non plus technique mais décoratif ! Publié dans Art&fact, n°30, 2011, pp.115-125. Lire Art&fact 30/2011 / Table des matières / Colophon-Edito / Site web