Anne-Marie TRIGNON \ Une belle rencontre

Expo d’Anne-Marie TRIGNON « Une belle rencontre », 7 juillet > 10 septembre 2017 @ Musée de la céramique d’Andenne

En 2012, le Musée de la céramique d’Andenne me lançait un défi : réaliser une œuvre avec de la terre andennaise. Les blocs d’une argile grasse, difficile à tourner, et de couleurs variées (blanc, noir, jaune, rose, rouge, violet, bleu, gris, brun) provenaient  d’une carrière de la société Carmeuse.Sans mode d’emploi, j’ai procédé d’abord à une recherche avec une argile grise et grasse, par essais et erreurs, et suis parvenue à la rendre homogène en la piétinant. J’ai ensuite reçu de la terre jaune, très sablonneuse, que j’ai dû broyer, tamiser et mélanger avec une quantité de « ball clay » (argile fine) pour la rendre plastique. La derle donne ainsi entière satisfaction pour la réalisation d’une pièce modelée ou tournée. Je trouve aujourd’hui un vrai plaisir à utiliser ce matériau unique, irremplaçable, universel, proche de nous, et si près de chez moi… [Anne-Marie Trignon]

Biographie

Anne-Marie Trignon est une artiste belge, née en 1947. Elle a étudié la céramique à l’Académie des Beaux-Arts de Charleroi avec Jean-Claude Legrand, Christian Mazy et Bernard De Wil, avant de poursuivre ses cours en sculpture à l’Académie des Beaux-Arts de Liège.

Ses œuvres ont été exposées en Belgique à : Mons (galerie WCC-BF), Oupeye (expo « autour de Paul Moïse », au Château), Balâtre (Galerie Balastra), Andenne (Biennale 2015), Huy (Ancien cloître des Frères Mineurs) ; et en France à : Léhon (Abbaye).

Démarche

Anne-Marie Trignon crée des œuvres issues de la forme arché­ty­pale du cylindre. Leurs volumes épais prennent nais­sance sur un tour de potier ; et, avec passion et des gestes mesurés, elle soumet l’argile à sa volonté pour la contraindre jusqu’à la rupture. Vient ensuite la cuis­son, lente, durant laquelle des vapeurs salées lèchent et déposent de sub­tiles brillances sur des engobes brossés, se jouant de l’imprévisibilité du feu. Quête sans cesse renou­ve­lée, elle conti­nue à explorer la terre pour en expri­mer la puis­sance et la force, et à inviter au voyage au cœur de ce maté­riau unique. [ d’apr. Aurélie Bouchat / WCC-BF]

Informations pratiques
Dossier de presse

Nathalie DOYEN / Passage

Expo de Nathalie DOYEN « Passage », 7 juillet > 10 septembre 2017 @ Musée de la céramique d’Andenne

Le travail de Nathalie Doyen, rigoureux et sensible à la fois, se renouvelle continuellement et s’intègre toujours avec pertinence dans l’espace et le temps.

Par cette œuvre, Nathalie joue avec le paysage du jardin du Musée et l’âme de la Ville, car l’installation inclut de la derle crue. L’argile, informe, agit telle une page blanche de laquelle émerge un univers formel contemporain et puissant.

Biographie

Nathalie Doyen est née en 1964 à Alger. Elle a étudié la céramique aux Beaux-Arts de Tournai avec Francis Behets et Richard Owczarek. L’artiste, qui dit s’amuser avec l’argile depuis 40 années, enseigne à l’Académie des Beaux-Arts de Namur.

Ses œuvres composent des collections prestigieuses : au Québec, sur le sentier Art3 du Musée d’Art contemporain des Laurentides ; en Chine, au FLICAM à Fuping et en Belgique, dans le hall du Musée Royal de Mariemont, ainsi qu’à la Galerie de l’Ô à Bruxelles et dans les vitrines des créateurs du WCC-BF à Mons. [s : http://tourinnes.be/nathalie-doyen/]

Démarche artistique

Percevoir
Il y a une façon fragmentaire d’observer ce qui m’entoure et m’amène aux détails. Je puise des formes, assez brièvement, entre deux battements de cils et j’en trace les contours, par centaines, sur un rouleau de papier.

Mémoriser
Les tracés ne sont ni fortuits, ni décoratifs. Ils évoquent une ville ou une écriture, sans pourtant l’être, et sont une organisation visuelle de la mémoire sensible.

Inscrire
Une fois cette représentation particulière esquissée, je l’inscris, la grave, la modèle, suivant les circonstances des projets développés: sur la neige, le papier, l’océan, l’argile, les murs, etc. Mes réalisations procèdent par accumulation et s’étalent à l’horizontale en dégageant un ralenti et un silence.

Informations pratiques
Dossier de presse

L’utilisation de la derle par les céramistes belges (1950-1980)

Francine Jernander, Couple de baigneurs, terre d’Andenne, c.1970, inv. MCA 5928.

En 2014, le musée de la céramique d’Andenne acquiert plusieurs œuvres d’Antonio Lampecco. Cette acquisition fait suite au constat qu’au début de sa carrière, l’artiste utilisait de la terre d’Andenne. Suite à cette constatation, Cédric Piechowski, conservateur et directeur du Musée de la céramique d’Andenne, soulève la question suivante : «D’autres artistes contemporains auraient-ils utilisé de la derle ? Si oui où se la procuraient-ils ?».L’hypothèse est intéressante dans le sens où l’industrie andennaise et en particulier les entreprises céramiques sont en déclin dans la chronologie étudiée. Dès lors, dans quelle mesure ce commerce de derle est-il important, quel lien existe-t-il entre les différents artistes travaillant cette argile ? Cette problématique est novatrice dans le sens où c’est la première fois que le Musée de la céramique d’Andenne propose une étude à partir de ce point de vue.

« L’utilisation de la derle par les céramistes belges (1950-1980). Compte-rendu de recherche », Amélie Ponchelet et Cédric Piechowski, paru dans « La derle – Li dièle. L’habile argile du Condroz. Vingt siècle de céramiques en terres d’Andenne. », Cédric Piechowski (Coord.), Dossier de l’IPW, n°22, Namur, 2017, pp.247-257. Introduction / Sommaire / Fiche technique / Dossier de presse / Lire l’article / Lire aussi : « Fabienne Withofs, L’archéologie au service de la pédagogie, Revue de la céramique et du verre, n°214 (2017), pp.64-65« 

Antonio Lampecco : l’éclat andennais

Antonio Lampecco, sculpture en terre rouge d’Andenne, 1965. Pièce tournée et cuite au four électrique entre 1160° et 1120°. Email à base de feldspath-cobalt-zinc. H.43 cm / D.22 cm. Inv. MCA 05857 / APC.27289/4 © Michael Francken

Le Musée de la céramique d’Andenne s’est vu confier par la Fédération Wallonie-Bruxelles le dépôt de 16 œuvres d’Antonio Lampecco en 2015. Par un heureux hasard amical et des rencontres fortuites, nous avions pris connaissance l’année précédente de l’emploi de derle andennaise par l’artiste au début de sa carrière. Cette acquisition enrichit donc à la fois nos collections mais plus encore la connaissance que nous avons de l’utilisation non industrielle de cette argile après la Seconde guerre mondiale.

« Antonio Lampecco : l’éclat andennais », Cédric Piechowski, paru dans « La derle – Li dièle. L’habile argile du Condroz. Vingt siècles de céramiques en terres d’Andenne. », Cédric Piechowski (Coord.), Dossier de l’IPW, n°22, Namur, 2017, pp.235-244. Introduction / Sommaire / Fiche technique / Dossier de presse / Lire l’article / Lire aussi : « Fabienne Withofs, L’archéologie au service de la pédagogie, Revue de la céramique et du verre, n°214 (2017), pp.64-65« 

L’industrie de la derle, en (r)évolution

Rafraîchissoir, Joseph Wouters (I), Andenne, c.1783-1794, inv. MCA 5026

Andenne dispose de richesses géologiques propices à l’installation d’industries. Le plomb et le zinc sont exploités au moins depuis le 13ème siècle, le fer depuis le 15ème siècle, l’argile, le charbon et le calcaire depuis le 16ème siècle. Il faut cependant attendre 1757 (Petter Meniecken), avec l’arrivée de pipiers rhénans, pour voir naître une production de pipes en terre à Andenelle et, ainsi, les premières entreprises faïencières.

L’urbanisation et l’industrialisation progressive de la Ville, ainsi que ce nouvel intérêt pour la faïence fine, permirent de renforcer, au XVIIIe siècle, les activités extractives pour la houille, la pierre et la terre plastique, en bord de Meuse et en Condroz, et de multiplier par 15 l’exportation des terres plastiques vers la Hollande entre 1700 et 1780. Il s’opère alors un véritable séisme industriel, grâce notamment à Joseph Wouters, dont la famille et ses associés détenaient depuis 1770 le monopole sur le transport et le commerce de la derle.

« L’industrie de la derle, en (r)évolution », Cédric Piechowski, paru dans « La derle – Li dièle. L’habile argile du Condroz. Vingt siècles de céramiques en terres d’Andenne. », Cédric Piechowski (Coord.), Dossier de l’IPW, n°22, Namur, 2017, pp.223-233. Introduction / Sommaire / Fiche technique / Dossier de presse / Lire l’article / Lire aussi : « Fabienne Withofs, L’archéologie au service de la pédagogie, Revue de la céramique et du verre, n°214 (2017), pp.64-65« 

La derle – Li dièle. L’habile argile du Condroz.

Expo « La derle – Li dièle. L’habile argile du Condroz. Vingt siècles de céramiques en terres d’Andenne. » , 28 avril > 26 novembre 2017 @ Musée de la céramique d’Andenne

La derle, le nom de l’argile qui a fait le succès industriel d’Andenne, fut présente en abondance dans les sols condruziens, comme d’autres ressources clés : plomb, zinc, fer, charbon, calcaire, etc. L’intérêt pour la géologie et l’extraction régionale est ancien. Le paysage de la Ville et de ses environs s’est ainsi caractérisé par des carrières, des mines, des entreprises,… Avec cette exposition, nous souhaitons actualiser et renouveler le propos grâce à un projet multidisciplinaire favorisant l’échange et la rencontre entre géologues, archéologues, céramistes, historiens, historiens de l’art ! Outre un  bilan des dernières recherches archéologiques en la matière, vous découvrirez une terre aux nombreuses facettes, qu’on pensait disparue dans les années 1970 et qui reprend forme avec le travail contemporain de l’Académie des Beaux-Arts de Huy.

En partenariat avec l’Académie des Beaux-Arts de Huy, le Service public de Wallonie (DGO4, Département du patrimoine, Direction de l’archéologie) et l’Institut du Patrimoine wallon, ainsi qu’avec l’aimable soutien de la Société Carmeuse.

Les artistes présents dans l’exposition : Natacha Guerra, Antonio Lampecco, Fabienne Withofs, Françoise Albinovanus, Valérie Ceulemans, Dominique Deruisseau, Béatrice Stevens, Fabienne Remy, Frédérique Dorthu, Jacqueline Masson, Michèle David et Rose-Marie Staelens.

Informations pratiques
Dossier de presse
Des activités pour tous
La derle – Li dièle, Dossier de l’IPW, n°22

 

« Têtes de pipes ! »

Expo « Têtes de pipes ! ». Figures célèbres et populaires du XIXe siècle« , 3 mars > 25 juin 2017 @ Musée de la céramique d’Andenne

Le XIXe siècle est l’âge d’or de la pipe en terre tant en France qu’en Belgique. Dans la deuxième moitié de ce siècle béni pour les amateurs de tabac, la production des pipiers d’Andenne ou de Givet (les deux plus importants centres de fabrication de la vallée mosane) atteint des sommets : elle est estimée en millions par décennie.

Au sein de cette masse énorme composée pour l’essentiel de pipes ordinaires, de faible valeur, émergent des objets plus élaborés, de belle facture (finement décorés et émaillés) : des pipes à l’effigie de personnages célèbres ou populaires de l’époque. En abordant, à travers cette galerie de portraits, des sujets aussi vastes que l’histoire, la mythologie, le théâtre, la littérature (représentée également dans l’exposition, par la présence de trois des plus célèbres fumeurs de pipes en terre de la poésie : Rimbaud, Verlaine et Apollinaire), sans négliger l’actualité ou la vie quotidienne, ces « têtes de pipes » vont connaître un succès considérable auprès d’un large public, séduit par un objet aussi plaisant à fumer qu’agréable à regarder.

Considérées aujourd’hui comme de véritables objets d’art populaire, ces pipes à effigie nous restituent, à leur façon à la fois drôle et instructive, l’esprit, les mœurs et les goûts d’un siècle marqué par la révolution industrielle et la libéralisation du mode de vie.

Exposition organisée par les Amis de l’Ardenne, en association avec le Musée de la céramique d’Andenne et le concours de la Médiathèque Voyelles et du Musée de l’Ardenne de Charleville-Mézières, de la Bibliothèque Littéraire Jacques Doucet de Paris.